Champions du monde : les vendeurs de vent

champions du monde : les vendeurs de vent

Nous sommes champions du monde de football. Nous n'allons pas revenir sur cette chose là. J'en suis très heureux. Des tas de circonstances expliquent l'aboutissement d'une compétition qui n'est faite que de petites choses pouvant paraître insignifiantes mais qui font toute la beauté de ce sport.

Dans ce sport, la balle est ronde, les poteaux le sont, depuis quelques temps déjà, aussi. Je ne vais pas revenir sur la défaite de l'Allemagne contre la Corée du Sud et son élimination.

Je ne vais pas revenir sur la blessure de Cavani juste avant de nous rencontrer avec l'Uruguay. Je ne vais pas revenir sur le but pendant les arrêts de jeu de la Belgique contre le Japon (j'ai en tête les insultes envers Gignola dans un match qualificatif France Bulgarie). Je ne vais pas revenir sur le départ prématuré du Brésil ratant son match contre cette même Belgique. Une Belgique qui se plaindra de la manière dont l'équipe de France joua contre elle. Je ne vais pas revenir sur le coup franc sifflé pour une faute imaginaire sur Griezmann qui amena le premier but français de la finale. Je ne vais pas revenir sur l'utilisation à géométrie variable de la vidéo (le VAR). Je ne vais pas revenir sur la qualité du jeu de l'équipe de France et sur la valeur de chaque joueur. Chaque opinion est valable.

On recommencerait ce championnat du monde, qui pourrait en dire la finalité.

Le sport collectif en général et le football en particulier, ce n'est rien d'autre : avoir des qualités, la chance avec soi et savoir ne pas la laisser passer. Alors, me direz vous pourquoi un tel papier ?

Pour vous parler de tout ce qui tourne autour. Des heures de commentaires, les projections, les appréciations. En fait de tout ce que l'on a voulu nous faire croire. Oui, de tout ce qu'on nous a vendu. Des vendeurs de vent.

Tout d'abord une appréciation sur cette coupe du monde : sans vouloir mépriser certains participants, quand l'Iran rivalise avec les plus grands, quand la Corée du Sud déjà éliminée écarte l'Allemagne des poules finales, quand le Japon fait douter la Belgique, on peut se poser des questions sur le niveau du football mondial.

Ensuite, les commentaires des experts, journalistes ou anciens pro (même anciens champions du monde).

Tous les adversaires de la France sont d'abord présentés comme des ogres. Avec l'Argentine par exemple, qualifiée péniblement, on s'aperçoit alors que le pauvre Messi erre comme une âme en peine au milieu de dix fantômes.

Nos adversaires jusqu'à la demi finale n'étaient pas des foudres de guerre. Le spectacle que nous avons offert était insipide.

Contre la Belgique après une mi-temps ennuyeuse, et un but sur corner (dévié par un joueur belge) nous passons notre deuxième mi-temps à jouer à onze défenseurs.

En finale, la Croatie nous donne une leçon de football. Les circonstances feront que nous serons vainqueurs de cette finale.

Alors les experts de tous bords vont nous vendre du vent. Ils nous présenteront Deschamps comme un super stratège, Griezmann, Mbappé et Pogba, figures emblématiques et porte-drapeaux vendeurs de cette équipe de France, grands parmi les grands. Laissons de côté des joueurs comme Kanté et Lloris qui sont probablement les deux seuls à avoir été au niveau d'une telle compétition.

Alléluia pour le but de Pavard. Je vous conseille de retrouver la reprise de volée du belge Meunier et l'arrêt exceptionnel du gardien anglais.

Ils ont encensé les joueurs qui viendraient tous des banlieues, et ils font rêver des milliers de gamins qui n'imaginent pas que dans ce métier la pyramide de la réussite est encore plus pointue que partout ailleurs. Ils nous ont venté la formation du football français.

Quelle formation ? Celle des clubs amateurs qui tirent la langue pour trouver des bénévoles (subventions en diminution au niveau national) et qui forment très peu car les clubs pro viennent très rapidement prendre les meilleurs qui généralement se sont formés dans la cours des écoles ou des immeubles (croyez vous que ce qui nous a fait rêver chez Zidane, il l'a appris dans les clubs. Le dribble et la vision du jeu ça ne s'apprend pas) ?

Celle des clubs pro français, alors que sur les titulaires de l'équipe de France, un seul joueur joue en France ?

On pouvait s'attendre à un peu plus d'objectivité de la part de ces messieurs. Mais il faut vendre ma bonne dame. Je ne suis pas un pisse-vinaigre, mais je voulais essayer de remettre le football là où il doit être.

Le plus beau sport du monde fait de tout et de rien, de petits faits de jeu, de grands gestes techniques (merci Hazard, merci Modric) de fraîcheur (merci le Japon).

De celui qu'on joue dans la rue à celui qui se pratique devant des millions de téléspectateurs. Il n'est sûrement pas fait des mangeurs de soupe qui nous le sur-vendent.

Et je ne parlerai pas des aspects politique et économique qu'on nous sert en pousse-café.

Cette victoire, on la doit à la glorieuse incertitude du sport et c'est beau.

Maurice Marsiglia

 Quelques chiffres :

14 buts marqués,

5 coups de pieds arrêtés (dont 3 penaltys),

2 et demi par des défenseurs contre leur camp,

1 but casquette (Uruguay),

6 dans le jeu.

Tristounet vous ne trouvez pas !

 

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