Le miroir aux alouettes

miroir aux alouettes

Une remarque faite lors d'une discussion à bâtons rompus au sujet de l'article « Aubagne balle au pied » paru dans l'AJJ de juillet : "La personne qui l'a écrit n'est pas d'Aubagne et en plus il n'a qu'un pied celui là, il ne doit pas être très bon au foot".

En effet, nous trouvons dans cet article quelques erreurs notamment concernant Christian Donnat qui, à en croire le journaliste, « serait passé par l'AFC avant de jouer à l'OM ». Si nos calculs sont bons, Christian serait parti pour l'OM à plus de quarante ans. Sa formation était largement finie.

En fait, Christian Donnat a été formé à la Jeunesse Sportive Aubagnaise (JSA) avant de partir vers une carrière professionnelle qui commence par le Championnat de France Amateur (CFA), alors troisième division. Puis il part rejoindre l'OM.

Il ne participe pas à la finale de la Coupe de France en 1969. L'entraîneur Mario Zatelli ne le fait pas figurer sur la feuille de match (les 12 et 13ème hommes n'existaient pas encore). Pour la petite histoire, l'équipe adverse (Bordeaux) avait un avant centre très performant, un certain Félix Burdino issu lui aussi de la JSA.

Depuis ces deux là, une éternité me direz vous, peu de jeunes Aubagnais ont marqué le football au plus haut niveau, à plus forte raison en passant par l'OM.

Revenons à cette première convention entre l'AFC et l'OM. Nous ne la connaissons pas et donc nous ne nous prononcerons pas sur les conséquences à venir.

Mais que s'est-il passé jusqu'à présent ?

Notre propos est de parler du bilan de ces partenariats qui ont déjà existé. Mais pas à travers « une longue histoire qui lie les deux clubs » comme le prétend l'article.
Nous nous souvenons, toujours de l'époque de la JSA, de la participation de joueurs pro olympiens (Destrumelle par exemple) venant encadrer les entraînements des jeunes. Depuis plus grand chose, si ce n'est la trajectoire de certaines personnalités.

A cette époque (milieu des années 60) , quelques joueurs aubagnais avaient migré vers le club marseillais. Force est de constater qu'ils ont fait, certes des carrières intéressantes, mais n'ont pu faire que de courtes apparitions en équipe première. Privés en cela par la politique du club Phocéen, de ses dirigeants, et même des supporters, alors que nous n'étions pas encore à l'époque du sport business.

L'OM n'a jamais eu une politique de formation en vue d'intégrer des joueurs au plus au niveau.

Une seule fois par obligation, l'OM a fait jouer les jeunes du centre de formation. C'était l'époque des "minots" (début des années 80), qui ont sauvé le club d'ailleurs.

A cette époque c'était déjà le miroir aux alouettes

Alors, maintenant que les clubs de foot sont devenus de véritables pompes à fric, que peut-on attendre de telles conventions de formation ? Réel partenariat ou encore miroir aux alouettes ?

Tout d'abord, l'OM multiplie ces conventions avec beaucoup de clubs de la région. Dernièrement avec Gémenos, qui au passage récupère pas mal d'Aubagnais déçus par la politique de l'AFC. 

Certes l'AFC améliorera sa vitrine. Mais quels avantages pour les jeunes Aubagnais qui vont voir venir des footballeurs de tous horizons, juste par la possibilité  affichée de jouer un jour à l'OM.

Regardons la réalité en face, les sommes avancées pour le recrutement olympien comme dans beaucoup de clubs d'ailleurs, sont telles que l'on sait déjà qu'il faudra être super doué pour percer dans un club pro. Beaucoup de candidats, très très peu d'élus.

Jetons un œil au mercato : 1, 2, 3 vieux briscards avec l'étiquette d'internationaux viennent de signer. Combien encore à venir ? La politique actuelle du club marseillais ressemble comme deux gouttes d'eau à ce qui se faisait par le passé. L'année dernière, un jeune du centre de formation a fait sa place en équipe première. Combien d'autres, après quelques apparitions sont retombés dans l’anonymat ?

Le miroir aux alouettes continue à sévir

Nous avons en tête les propos d'Alain Giresse qui disait « l'OM n'a pas besoin de politique de formation ». Et ça perdure !

L'OM apporte peut être une aide financière à l'AFC. L'important est donc de savoir comment elle sera utilisée : pour l'élite du club ou pour le sport de masse ?

L'OM arrosera peut être l'ensemble des clubs avec qui il a une convention par des jeunes qu'il ne peut utiliser lui même : cela se fera-t-il au détriment des jeunes footballeurs des villes concernées ?

Il faut savoir que, quelque soit la convention de partenariat, les joueurs et les parents qui ne désireraient pas passer par l'OM, le pourront.

Beaucoup d'autres questions au sujet de ces partenariats qui ne sont, nous semble-t-il, qu'une vitrine.

Toujours le même miroir aux alouettes.

Jean-Pierre Squillari & Maurice Marsiglia

 

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