Des Aubagnais bloqués à l'étranger

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Le pouvoir politique nous disait, à propos du COVID-19, "dormez tranquille, il n'y a rien à craindre". Pire peut-être, le couple Macron nous encourageait à sortir, au théâtre notamment. C"était une semaine avant que le même Macron ne prenne solennellement la parole un jeudi soir de mars 2020 pour nous dire qu'en réalité "c'est grave". Les Françaises et les Français y ont cru à moitié.

MONDE DU TRAVAIL VS MONDE POLITIQUE

Ils y ont cru d'autant moins qu'en janvier, l'ancienne ministre de la santé leur disait que l'épidémie n'atteindrait pas la France, que le gouvernement n'a pas réagi avant la fin février et de manière timide et surtout, oui surtout, parce que depuis 50 ans, on a érigé en politique publique l'individualisme, le chacun pour soi, la concurrence économique et sociale, entraînant par la même occasion une perte de conscience par le citoyen de l'intérêt général et du sens de la parole politique.

Des promesses ont été faites. Notamment que les Françaises et les Français ne perdraient pas un centime durant le confinement. Les vrais travailleurs savent que c'est faux. Les primes mensuelles qui servent à payer certains salariés ne seront pas dédommagées. Les "panier repas" non plus. Tout ce qui n'est pas pris en compte habituellement pour le calcul de la Retraite passera à la trappe alors même que ce sont des revenus réguliers sur lesquels comptent celles et ceux qui tiennent à jour un cahier de compte personnel.
 
On nous a fait une autre promesse, celle de permettre aux Françaises et aux Français qui sont actuellement à l'étranger de pouvoir revenir en France. Promesse de bon sens mais sur laquelle le Président Macron n'a, en réalité, aucune prise. Ce qui éclaire d'ailleurs son discours de lundi soir, si prompt à vouloir tout révolutionner. Nous savons déjà à quoi cela aboutira.
 
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DES AUBAGNAIS BLOQUES A L'ETRANGER

Des Françaises et des Français qui galèrent actuellement sur un lieu de vacances transformé en lieu de stress et d'inquiétude, il y en a. Tout simplement parce que l'espace aérien mondial n'est pas l'espace aérien français et parce que d'autres pays tentent eux aussi de se protéger du virus, en refusant, même en transit, des citoyens français.

Les vols réservés sont annulés, de nouveaux sont prévus pour être à leur tour supprimés.

C'est l'histoire que vivent actuellement Julie, née à Aubagne, et Sébastien, qui habitent Marseille depuis peu. Partis pour Tumbak, en Indonésie, au début du mois, ils se retrouvent coincés sur l'île de leur séjour. Le quotidien local "Tribun Manado" a même fait un article sur eux. Ils sont les derniers touristes du territoire. Le problème vient de l'une de leurs escales : Singapour. Dans un article du Monde du 18 mars, Manu Bhaskaran, économiste au sein d'un institut de conseil local déclare : " A Singapour, je me sens plus en sécurité que partout ailleurs."

Les mesures du régime dit "semi-autoritaire", qui est un concept qu'il faudra nous expliquer, se font malheureusement au détriment d'autres personnes comme Julie et Sébastien qui se retrouvent sans solution du jour au lendemain avec une compagnie aérienne forcément débordée et donc forcément inefficace.

L'Ambassade de France les exhorte à prendre très rapidement un vol. Mais les tarifs sont prohibitifs. Cela va de 800 à 6000 euros par personne. Tout est à leur charge.

L'hôtel dans lequel ils sont contraints de loger le temps que la situation trouve une issue, en raison des décisions des différents gouvernements, est entièrement à leur frais. Nous sommes donc bien loin du discours enchanteur d'un Président qui laisse penser que l'Etat s'occupe de ses ressortissants à l'étranger.

Le dernier post du couple en date est révélateur : "Il y a des changements et annulations toutes les secondes on pète les plombs"

Le comble dans tout ça ? Julie travaille en pharmacie. Elle ne demande qu'une chose : rentrer pour aider ses collègues, mobilisés.

Le cas de Julie et Sébastien n'est pas isolé. Un couple d'Aubagnais, en vacances à Zanzibar, est aussi bloqué sans savoir quand est-ce qu'ils pourront rentrer pour retrouver leurs enfants. Les photos de vacances idylliques ont laissé la place au silence ou à des posts d'inquiétude bien compréhensibles.

 Il y aurait aussi beaucoup à dire également sur les hôtels et compagnies aériennes qui refusent pour l'heure de rembourser les réservations du mois d'avril sous prétexte d'attendre officiellement le report du confinement alors même que la situation n'est pas propice au tourisme, que des pays comme l'Italie ou l'Espagne sont loin d'être sortis de la crise et qu'il est totalement interdit, pour cause de confinement, de voyager. Reprochera-t-on aux touristes que l'on n'a pas remboursé de se rendre - contre toute logique certes - sur le lieu de vacances qu'ils se sont payées après des mois ou années de travail ? Ou bien est-ce au pouvoir politique de prendre des décisions claires et dans la durée de sorte de reconstituer un semblant de stabilité pour tout le monde : entreprises, travailleurs, touristes, services publics, citoyens.

Nous ne doutons pas que les services censés garantir la sécurité des ressortissants français sur place tentent de faire leur travail. Ce qui doit être mis en lumière c'est le décalage qu'il y a entre les promesses lancées devant une caméra par un Président toujours plus déconnecté des réalités du terrain et ce que traversent les vrais gens dans le vrai monde.

Camille Alexandre
 
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