Le budget 2015 de la Ville d’Aubagne ou les ravages d’une idéologie indigente (partie 1)

Le conseil municipal aubagnais du 9 avril consacré à l’adoption du budget primitif 2015 a commencé par un moment de vérité saisissant.

Dans cette salle, depuis un an, les supportrices et supporters du maire UMP tapent des mains et crient leur joie devant les effets oratoires calculés (ou pas) de leur idole, huent sans retenue l’ancienne majorité et frémissent d’aise quand la représentante du Front National débite son couplet  sur les associations et le service public.

Jeudi soir, ils et elles sont restés cois et coites durant de longues minutes…

L’irruption de la vraie vie, en l’occurrence celle du monde du travail (des militants syndicaux CGT et FSU venus interpeller le maire sur sa décision de les expulser de la Bourse du Travail) les a scotchés sur place, comme elle a conduit Gérard Gazay, qui peinait à garder son calme, à révéler une fois de plus son naturel autocratique ajoutant le sexisme à sa panoplie personnelle déjà bien fournie (voir notre article).

Un vent frais et vivifiant soufflait à nouveau sur cette enceinte, chassant au loin les effluves de naphtaline qui l’ont envahie depuis avril 2014 !

Le conseil municipal a ensuite repris son cours mais le combat pour la Bourse du travail continue et Mèfi! ne manquera pas de s’en faire l’écho.

La première délibération portait sur l’« approbation de la modification n°10 du Plan d’Occupations des Sols (POS) ayant pris valeur de Plan Local d’urbanisme (PLU) ».

Comme le titre l’indique, il s’agit d’une modification (mineure) du POS actuel et non d’une révision générale de celui-ci. Mais la majorité municipale a communiqué sur ce sujet de façon tellement brouillonne et confuse (notamment M. Gazay, coutumier des effets d’annonce intempestifs) que nombre d’aubagnaises et d’aubagnais, qui se sont déplacé-e-s pour participer à l’enquête publique, ont pensé qu’il s’agissait de la « grande » révision annoncée, celle que nous évoquions dans Mèfi (ici).

Ce n’est donc pas le cas et c’est la raison pour laquelle, Gérard Rampal, depuis les bancs de l’opposition, n’a pas manqué de demander au maire où en était la procédure de révision générale. En guise de réponse, il n’a eu droit qu’à un silence assourdissant… Cela ne nous rassure pas et la question posée par José Da Silva dans l’article cité est plus que jamais d’actualité : « En quoi les décisions prises dans cette révision serviront-elles l’intérêt général ? »

La délibération n°3 portait sur la modification des statuts de la Société Publique Locale (SPL) Façoneo. Son examen a mis en évidence les conséquences désastreuses du cumul des mandats. En effet, Mme Mélin qui cumula jusqu'à fin 2014 les mandats de députée européenne, conseillère régionale, conseillère communautaire et conseillère municipale (une élue anti-système quoi !) s’est emmêlé les pinceaux en confondant allègrement SPL et SEM (Société d’économie mixte).

A sa décharge, il est vrai que le titre de la délibération pouvait prêter à confusion. Mais à l’évidence, l’élue multi-cartes n’a pas trouvé le temps nécessaire à la lecture du dossier, peut-être à cause de l’allergie du Front National pour tout ce qui est public ? Derrière une façade teintée artificiellement d’antilibéralisme, ce parti propose en effet un programme économique à la fois nationaliste et néolibéral du type de celui qui fut appliqué au Royaume-Uni par Mme Thatcher dont le FN a récemment honoré la mémoire.

Avec la délibération n°5, on entrait dans le vif du sujet budgétaire : l’examen du Compte Administratif 2014 c'est-à-dire la présentation des résultats de la gestion municipale pour l’année écoulée.

La rapporteuse, l’adjointe aux finances Mme Menet, cohérente avec sa vision purement comptable du budget d’une ville égrène alors les chiffres de ce compte administratif. Aucune surprise dans ceux-ci, ils sont effectivement conformes au budget prévisionnel et à la décision modificative votés en 2014.

Mais même les libéraux les plus dogmatiques n’osent pas traduire uniquement par des chiffres une année de gestion municipale : il fallait bien lister un tant soit peu les actions concrètes réalisées. C’est ce qui est fait en quelques lignes dans le document de 15 pages fourni aux élus. Je cite : « 300 000 euros de travaux à la médiathèque, 200 000 euros pour la fin des travaux du boulodrome et du terrain synthétique du Charrel et 1 million d’euros pour les acquisitions foncières (locaux Luna et terrain du Vallon des Gavots). »

En guise d’actions significatives en 2014, il n’y a donc que l’achèvement de projets lancés en 2013 par la précédente majorité et dont le report sur l’année suivante, financements compris, était automatique !

Quid alors des actions initiées en propre par Gérard Gazay et son équipe en 2014 ? Visiblement, l’adjointe aux finances n’en a pas trouvé trace dans ses listings… à part peut-être la réfection d’une toiture ou deux et quelques mises aux normes incendie… et encore.

Mais comme pour le nouveau maire « tout n’est que chiffres, poids et mesures », à quoi bon engager des réalisations concrètes au service des Aubagnaises et des Aubagnais ?

A moins qu’il n’ait reculé que pour mieux sauter et que celles-ci arrivent enfin en 2015 avec un budget primitif portant la marque exclusive de la nouvelle majorité ?

A suivre…

Olivier Bosch

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