Conseil municipal de Cuges : un huis clos pour rire

 conseil municipal de cuges un huis clos pour rire

Jeudi 7 février, le conseil municipal s’est réuni avec un huis clos demandé pour 2 délibérations concernant la demande de retrait du titre d’adjoint de Jean Claude Sabetta, 2ème adjoint au maire. La semaine précédente, le maire lui avait retiré toutes ses délégations.

A Cuges, quand les élus ne démissionnent pas (on en est à 5 démissions, le conseil municipal n’est plus complet), on les empêche de bosser !

Jean Claude Sabetta était présent, et on pensait connaitre le motif de la sanction. Raté ! Après avoir demandé au public de sortir, le maire est passé au vote à bulletin secret, sans un mot d’explication.
3  élus de la majorité n’ont pas suivi le maire dans sa demande (2 abstentions et un vote contre le retrait du titre d’adjoint).

Le maire demande alors au public de rentrer… avant de se rendre compte que la délibération suivante est également à huis clos (on se demande pourquoi, il s’agit de fixer le nombre d’adjoints). Et de redemander au public de sortir ! Un coup à s’enrhumer ces entrées et sorties !

Tout ça peut-être pour rien car le maire n’a pas respecté la procédure du huis clos : c’est le conseil municipal, sur demande du maire, qui vote le huis clos. Ce n’est pas le maire qui le décrète.

Mais dans le registre détente, ce n’est pas tout. Jean Claude Sabetta était le président du CHSCT, il faut donc le remplacer. Et le maire propose au poste de président... un élu qui n’est pas membre dudit CHSCT. Antoine Di Ciaccio lui fait remarquer qu’il est original de proposer comme président du comité un élu qui n’en fait pas partie, ce que finira par admettre le maire.

Bref, des gags comme seul le conseil municipal de Cuges est capable d’en faire.

Le président du CHSCT n'en est pas membre !

Une délibération était consacrée à la dénomination de la nouvelle école issue de la fusion de l’actuel site « Jean Claude Molina » et de l’école « Paul et Suzanne Chouquet ».

La majorité souhaite donner le nom de « Simone Veil ». Sans nier le prestige et les mérites de cette grande dame, l’opposition regrette que l’on sacrifie le nom de personnalités emblématiques du village, où vivent toujours les familles de Paul et Suzanne Chouquet, instituteurs et directeur de l’école et de Jean Claude Molina, instituteur et maire de 1983 à 1995. Mais de gauche. Du passé faisons table rase.

L’essentiel du conseil était consacré au rapport d’orientation budgétaire.

La 1ère adjointe déléguée aux finances, France Leroy, s’est lancé dans un exercice de prestidigitatrice pour rendre acceptable la situation financière de la commune. Et tous les moyens ont été bons !

L’élue se félicite d’une maîtrise des charges de fonctionnement dégageant un résultat positif de 70 000€ ! Cavalerie comprise ? en 2017, plus de 270 000€ de factures ont été basculées sur 2018. Combien cette année ?

A continuer par la sacro-sainte évolution de la masse salariale, que la majorité veut à tout prix voir baisser. Vœu pieu : depuis 2016, elle augmente. Qu’à cela ne tienne, pour présenter une courbe en baisse, on invente  «l’évolution des charges de personnel en net », c‘est à dire les charges salariales desquelles on déduit les atténuations de charge (remboursement sur maladie du personnel entre autre). Quand le personnel est absent, on ne le remplace pas systématiquement et on déduit les sommes remboursées de la masse salariale. Et le tour est joué ! On spécule sur la santé des agents ? Pas un problème : le principal est de donner l’illusion que les dépenses de personnel baissent.

Les prévisions budgétaires ne manquent pas de sel non plus. Tout d’abord, personne ne s’inquiète des opérations d’ordre non équilibrées. Soit.

Un numéro de prestidigitatrice de la 1ère adjointe

La 1ère adjointe prévoit des recettes fiscales en hausse du fait de l’accroissement de population. Sans s’inquiéter  des exonérations de taxe d’habitation promises par Macron et dont la compensation n’est pas assurée à ce jour. D’ailleurs, le maire fera voter dans la foulée une motion de l’association des maires de France dénonçant les incertitudes de cette compensation dans la durée. Re-soit.

Et dans le même temps, on prévoit une baisse des dépenses de personnel (encore !) et des dépenses de fonctionnement. Gérald Fasolino interpelle le maire et sa première adjointe : «  Vous inscrivez des recettes dues à l’augmentation de population, mais vous ne pensez pas que cela va également générer des dépenses supplémentaires ?  Il n’y a pas une contradiction 
Ben alors, la privatisation des services, c’est fait pour quoi ?

Mais le meilleur reste l’investissement. Après l’emprunt de 1.45 M€ contracté en 2018 pour l’extension de l’école Molina, le maire et ses élus prévoient d’emprunter cette année 2.1 M€ !
Dont 770 000€ pour l’école Molina ! Ah bon, on croyait que le financement était assuré avec l’emprunt de l’année dernière fait remarquer l’opposition.  Auriez-vous utilisé cet emprunt pour payer les travaux de voirie ? Hé bien oui répond la 1ère adjointe, qui assure avec culot qu’un des emprunts n’était pas « fléché ».

Ce n’est pas vrai lui répond Antoine Di Ciaccio ! Vous avez présenté 2 délibérations pour 2 emprunts destinés à l’extension de l’école ; vous avez  même ajouté que "le budget voirie était équilibré avec un ancien emprunt et des reports des années antérieures… ".

Pas de réponse. Tous les moyens sont bons pour justifier la fuite en avant des finances communales !

Les ratios d’endettement explosent. L’encourt de la dette passera de 3M€ en 2017 à 6.4 M€ en 2019. Alors que la commune avait un endettement inférieur aux communes de la même strate,  la dette par habitant passera de 604 € en 2017 à 1217€ en 2019 (842€ pour la moyenne), l’endettement de la commune de 53% à 110% (72% pour la moyenne)!

Pas de quoi s’affoler. Mme Leroy voit même dans ces chiffres un désendettement de la commune…

On attend avec impatience le vote du budget. Et d’autres tours de « passe-passe » ?

Diego de la Vega

 

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