Qui a peur de La Marseillaise?

Non pas de l’hymne national mais du quotidien régional dont l’agence d’Aubagne subit une rétention d’informations de la part de la nouvelle direction municipale.

Jusqu’à présent tout se passait pour le mieux entre la Ville, sa direction politique, et la presse locale. Les deux titres de la presse quotidienne régionale recevaient les mêmes informations et autres communiqués de presse. Mais ça c’était avant. Depuis son élection en mars dernier, la droite UMP-UDI a rompu avec la conception républicaine d’admettre la diversité des opinions et des tendances à la fois des journalistes et des lecteurs. Pourquoi la mairie a t-elle ce comportement ?

Nous avons évoqué dans un précédent article la disparition du podium «La Marseillaise», événement pourtant populaire, ainsi que la décision de ne pas reconduire la convention entre ce journal et «Grains de Sel», le festival de la littérature jeunesse, qui permettait à des collégiens d’Aubagne de signer leur premier reportage culturel dans les colonnes de La Marseillaise.

Le coup porté au journal était déjà rude, ressemblant étrangement à une punition. Mais il faut croire que cela n'était pas suffisant. Les journalistes de La Marseillaise n’ont aujourd’hui plus accès à l’ordre du jour des conseils municipaux qui leur était adressé jusqu’à présent. Cela n’était pourtant pas un privilège mais le simple exercice de la démocratie. Dans ses colonnes, la presse locale fait à la fois l’annonce des séances publiques du Conseil municipal, puis leur compte-rendu, comme cela se fait sans entrave dans tous les lieux où les dirigeants sont démocrates.

Les journalistes de La Marseillaise paient sans doute leur « audace » à vouloir faire leur travail : celui d’informer et de porter la critique quand cela s’avère nécessaire à leurs yeux. Et lorsque l’un des journalistes empêchés de faire son travail se déplace à l’Hôtel de Ville pour défendre le droit à l’information et réclamer qu’on lui adresse les mêmes documents qu'à ses confrères, la herse se referme et il lui est faite cette réponse laconique : « On verra ! ».

Faut-il voir là la volonté de museler une presse gênante ? Cette censure craquelle le vernis bourgeois de la nouvelle équipe municipale. Les censeurs n'ont pas mesuré le poids de leur responsabilité à la tête de la commune, croyant sans doute qu'une fois élus, ils auraient tout pouvoir de faire taire les oppositions. Gérard Gazay qui déclarait lors de son investiture être « le maire de tous les Aubagnais » se comporte en autocrate, sans allure ni éclat.

À Aubagne, titiller le pouvoir local serait-il désormais un crime de lèse majesté? Mèfi n'a qu'à bien se tenir!

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