Chroniques ciné

Everybody Knows

everybody knows

Penelope Cruz, Javier Bardem, Ricardo Darin : les acteurs, Asghar Farhadi : le réalisateur, de très belles personnes rassemblées pour l’ouverture du Festival de Cannes.

L’action se passe dans l’Espagne rurale, la famille est réunie à l’occasion d’un mariage et l’image de cette belle réunion familiale va voler en éclats, l’arbre cachait la forêt ! Asghar Farhadi, que l’on a vu plus à l’aise dans son Iran natal (la Séparation, le Client), va par une direction magistrale de merveilleux acteurs (Javier Bardem est remarquable), nous tenir en haleine pendant toute la projection.

Un peu académique par son scénario, Everybody knows est un thriller intimiste et oppressant qui nous laisse espérer un excellent Cannes 2018. Bien sur, à voir impérativement en Version Originale.

Antoine Cesano

Place publique

place publique

Castro (J.P. Bacri), star télé sur le déclin, est convié à une soirée chic par sa productrice Nathalie (Léa Drucker). Il y rencontre Hélène son ex femme et collaboratrice (Agnès Jaoui). Sont invités à la fête de jeunes réalisateurs, turbulents , au sommet de leurs gloires. N’est pas invité mais s’invite, furieux, le voisin agriculteur.

Et on pense au Sens de la Fête, unité de temps, unité de lieu, l’humour, à coup sur, au rendez vous ! Mais là, l’aigre et le doux se côtoient et rapidement, l’aigre l’emporte. Il y a les jeunes et les vieux, les intellos de gauche et de droite, les gens de la ville et de la campagne. Et tout ce beau monde, naturellement, s’affronte, las, les uns les autres, de leurs existences. Et la lassitude s’empare du spectateur.

Jaoui, la réalisatrice ne sait quoi faire d’un scénario bas de gamme dans lequel les intermèdes musicaux ont du lui être imposés. Bacri semble accablé par son âge.

Ce n’est, vraiment pas, la folle ambiance mais, à coup sûr, Jaoui et Bacri vont savoir à nouveau nous ravir.

Antoine Cesano

Tout le monde debout

tout le monde debout

Tout le monde debout, pour la première fois, Franck Dubosc réalisateur, une comédie réussie !

On pouvait craindre le pire, Jocelyn, la cinquantaine, dragueur, homme d’affaires (il vend des chaussures de sport) se fait passer, involontairement, pour un handicapé sur fauteuil, afin de séduire une jeune femme.

Et le pire n’est plus à craindre dès les premières images : la comédie est bien cadencée, soutenue, les dialogues sont percutants et si le rire est le maitre mot de cette pétillante comédie, le bon ton, la délicatesse, l’émotion, le regard juste sur le handicap, l’accompagnent dans une belle harmonie.

Agréable spectacle ou Franc Dubosc, l’acteur, et la remarquable, dans tous les sens du terme, Alexandra Lamy nous entrainent dans 1h47mn de franche gaieté. Vivement à conseiller par ces temps de morosité !

Antoine Césano

Ready Player One

ready player one

Nous sommes en 2045 dans une société apocalyptique. Les humains vont s’affronter, masque de réalité virtuelle sur les yeux, dans un jeu vidéo en ligne, l’Oasis.

Wade, adolescent idéaliste, va-t-il l’emporter sur une multinationale des médias, l’ultralibéralisme va-t-il, une fois de plus, être vainqueur ?

On connaissait Spielberg et ses valeurs humanistes de E.T en 1982 à Pentagon Papers en 2018, on est émerveillé par la créativité de Papy Spielby qui du haut de ses 71 ans nous offre un excellent blockbuster truffé de références à la culture pop et à de vieux souvenirs cinématographiques (les personnages de Shining transformés en avatars numériques !).

«  La réalité est la seule chose qui soit réelle », phrase conclusion du film, discutez en avec vos ados, en sortant de la projection, le débat risque d’être palpitant.

Antoine Césano

3 Billboards, les panneaux de la vengeance

3billboards

Un film à vous couper le souffle ! Et pourtant le sujet est sombre : une mère exaspérée, sa fille a été violée et assassinée et l’enquête piétine, décide de dénoncer l’incapacité du chef de la police sur trois panneaux publicitaires de la ville.

Et nous sommes entrainés dans la triste vie d’une petite ville du fin fond des Etats Unis. La violence, le racisme, l’homophobie, l’alcool, la misère y règnent en maitre et pourtant, la tendresse, l’humanité et la non-désespérance sont, là, enfouies dans chacun.

Remarquable scénario qui tient en haleine le spectateur, atmosphère étouffante portée par des personnages insupportables et tendres à la fois dont le fil de la vie se déroule durant les deux heures de projection. L’Oscar de la meilleure actrice , attribué à Frances Mc Dormand (Mildred Hayes dans le film), est à partager entre tous ceux qui ont œuvré à cette audacieuse réalisation.

Antoine Ceasno

La Ch’tite famille

On pouvait craindre que La ch’tite famille soit un succédané de Bienvenue chez les Ch’tis, les numéros deux d’un grand succès sont souvent des navets !

Heureusement, il n’en est rien. Dany Boon nous immerge dans le Nord dont il est fier, attaché qu’il est à ses racines culturelles et familiales. Le monde sophistiqué de designers parisiens se frotte au prolétariat du Nord et voilà le spectateur et… les acteurs embarqués dans un cours désopilant de ch’timi.

La ch’tite famille, une comédie tendre et généreuse, les réparties sont parfois inégales, on y sourit souvent, on y rit parfois. La fin du film et son générique laissent un agréable souvenir. Les acteurs, entrainés par un Dany Boon conquérant, sont drôles à souhait. La Ch’tite famille, churtout un bin momint de détente !!

Antoine Cesano

La Forme de l'eau

la forme de leau

Film fantastique, comédie musicale, beau conte d’amour, satire humaniste de la société, La forme de l’eau est tout cela à la fois.

Dans une ambiance de guerre froide, les Américains s’emparent d’une créature aquatique convoitée par le soviétiques. La femme de ménage du labo prison, muette, va découvrir l’humanoïde marin. Ils sont, tout les deux solitaires, incompris , malmenés par la violence des pouvoirs rivaux mais leurs isolements les rapprochent.

Le scénario est simple mais, des les premières images, Guillermo del Toro nous entrainent, avec bonheur, dans ce conte philosophique. Une mise en scène créative, un choix musical audacieux, des décors somptueux (l’eau est présente partout et prend la forme de tout), des acteurs remarquables dans des rôles délicatement ciselés…. et un humour palpable font de La forme de l’eau un moment de bonheur dont il ne faut surtout pas se priver.

Antoine Cesano

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