Chroniques ciné

L'insulte

insulte

Un film remarquable ! L’action se passe au Liban : Toni est garagiste, honnête, intègre, Yasser est chef de chantier, efficace et respecté. Un incident de la vie quotidienne les oppose, une insulte est proférée et l’engrenage de la violence se met en route. L’un est chrétien, l’autre est palestinien et la souffrance, les événements atroces que chacun a vécu refont surface.

Ce conflit mineur est attisé et le pays risque de s’enflammer. Ziad Doueri, avec efficacité et humanité, démontre combien l’honnêteté des protagonistes, le rôle joué par leurs épouses respectives, la volonté partagée d’apaisement vont pouvoir momentanément régler le conflit.

L’action se passe au Liban, elle pourrait se passer ailleurs. Comprendre la source du mal, savoir que rien n’est blanc ni noir : une belle leçon de courage et d’optimisme. Aller voir l'Insulte, c’est, à la fois, un acte militant , une confiance dans l’Intelligence des Peuples et une croyance dans la Culture de Paix.

Antoine Cesano

La promesse de l'aube

promesse de laube

De sa vie trépidante, Romain Gary a écrit un roman La Promesse de l’Aube et Eric Barbier en a fait un film. Une mère possessive, elle voit son fils devenir écrivain, homme politique promis au plus hautes fonctions, une mère portant un amour dévorant et inconditionnel à un enfant esclave de ses sentiments, on pouvait espérer. Mais ni la ferveur, ni l’émotion ne sont au rendez-vous.

Ni le début du film, ni les vingt dernières minutes de projection ne peuvent faire oublier l’ennui qui prévaut pendant toute la durée (et elle est longue) de la séance.

Barbier confond, ici, film et série télé. Charlotte Gainsbourg, Pierre Niney ne sont pas toujours convaincants, on se demande pourquoi Jean-Pierre Darroussin et Didier Bourdon sont dans le casting. Romain Gary, l’aventurier, s’il visionnait le film, aurait du mal à  « y retrouver ses petits ».

Antoine Cesano

Pentagone Papers

petagon papers

En 1971, un lanceur d’alerte transmet au Washington Post un document classé « secret défense » dénonçant la politique des gouvernements US de poursuivre et amplifier la dramatique guerre du Vietnam. Le W.P., alors simple journal de province, va-t-il se lancer dans la diffusion d’un document, au risque de disparaitre sous les condamnations de la justice ?

Se battre pour le droit à la publication, pour la liberté de la presse, pour la fin d’une guerre détestée ou abdiquer face aux pressions des milieux financiers, politiques et judiciaires ? Katherine Graham, la propriétaire du journal et Ben Bradlee, le rédacteur en chef vont devoir résoudre ce dilemne.

Spielberg, par une mise en scène et un scénario hors normes, Meryl Streep, éblouissante dans le rôle difficile d’une femme manager, dans le milieu du 20e siècle, Tom Hanks remarquable rédacteur en chef incorruptible, excellent dans ce captivant et palpitant thriller politique.

Les propos ultimes de Nixon sur la presse, nous montrent combien le film de Spielberg est d’une brulante actualité.

Antoine Cesano

Les heures sombres

les Heures sombres

Le 10 mai 1940 Winston Churchill devient premier ministre. L’avancée des armées allemandes est foudroyante, le gros des troupes anglaises est encerclé dans la poche de Dunkerque. Faut il négocier avec Hitler via Mussolini ou résister et livrer le combat ? Les heures sombres nous fait vivre, en un mois, jour après jour, le dilemme auquel est confronté W. Churchill. Joe Wight nous fait partager intensément les doutes du Premier Ministre, la force morale de celui qui, politiquement isolé, va savoir rassembler, autour de lui, le plus grand nombre.

Film biographique et historique, Les heures sombres est le complément de Dunkerque mais ici, la langue anglaise et le pouvoir des mots l’emportent sur le cliquetis des armes, le personnage principal est incarné magistralement par Gary Oldman.

Les amateurs d’histoire ne manqueront pas d’aller voir Les heures sombres. La V.O. plus que jamais, ici, s’impose.

Antoine Cesano

Les Gardiennes

Magnifiques portraits de femmes qui, pendant la première guerre mondiale, poursuivent leur inlassable labeur pour que survive la ferme.

Remarquables photographies qui rythment les saisons, la vie des champs, les labours, les semailles, les moissons.

Saisissants visages, extraordinaires mains, torturés, qui marquent l’attente, l’inquiétude, la détresse de ceux qui viennent en permission, de celles qui les accueillent, de celles que l’on informe de la disparition de ceux qui ne reviendront pas.

Lucidité devant la boucherie de 14-18, abominable face à face mortel entre hommes qui se ressemblent tant.

Les Gardiennes, 7 ans après Des Hommes et des Dieux, prend une place de choix dans le cinéma français. Xavier Beauvois, le réalisateur a su s’entourer de collaboratrices hors pair : la directrice de la photo, Caroline Champétier, des actrices et des acteurs que l’on ne découvre pas ou que l’on découvre comme Iris Bry, superbe Francine dans le film, la jeune paysanne au pair, symbole de la vie et de l’espoir.

Après Le Sens de la fête, Au revoir là haut, La Villa, Les Gardiennes est un beau moment à passer dans les salles obscures.

Antoine Cesano

La Villa

La Villa - un film de Robert Guédiguian

Un petit village niché au fond d’une calanque, en hiver, près de l’Estaque ; une villa construite il y a longtemps, orgueil de la famille et des voisins ; l’omnibus de la Cote Bleue qui rythme la vie des habitants : le décor de La Villa est planté. Guédiguian entre en scène.

La fin de vie d’un père rassemble les enfants et leur entourage. Nostalgie du passé chez les uns : où sont passées solidarité, simplicité, joie du vivre ensemble. Ou envie d’un autre monde chez les autres, à l’étranger si possible. Le naufrage de trois jeunes réfugiés va ressouder ce petit monde, la fraternité est toujours à l’ordre du jour ! La Villa, c’est du vrai Guédiguian, amour, nostalgie, solidarité, générosité, espoir.

Les acteurs fétiches de Robert Guédiguian sont fidèles au rendez vous, pour certains, ils ont vieilli, bien vieilli (voir ce magnifique flashback sur Ki lo sa tourné en 1986), pour les autres, les jeunes, ils nous deviennent familiers. Merci à toutes et tous pour ce moment de bonheur avec une attention particulière pour Jean-Pierre Darroussin, remarquable.

La Villa, un film fraternel, à ne surtout pas manquer !

Antoine Cesano

Jalouse

Jalouse, c’est l’histoire d’une professeure de lettres qui, en permanence au bord de la dépression, est atteinte d’une jalousie maladive. Jalouse de la beauté de sa fille, jalouse du bonheur de ses voisins, de la réussite familiale de sa meilleure amie, jalouse de la jeunesse d’une de ses collègues de travail, en un mot, jalouse de tout ce qu’elle rencontre.

Scénario peu inspiré, humour au compte goutte, comédie grinçante, Jalouse n’est de justesse sauvée que par la performance de Karine Viard, à l’aise dans l’omniprésence qui lui a été proposée.

Un film à voir quand il sera diffusé, un soir, à la télé

Antoine Cesano

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